Être vert de culpabilité
July 21, 2008Je n’ai rien contre la verdure, moi-même j’ai entrepris, avec mon doux, une aventure culinaire verte. Mais, mais, MAIS. Eh oui , il y a des mais. En fait, pour vous avouer le fond de ma pensée, ce n’est pas tant l’attrait de la verdure qui me motiva dans l’aventure mais plutôt un sentiment de justice sociale et d’économie solidaire…anyway ceci est un autre sujet et sera un autre blog!
Parce que oui, dans le mouvement vert, il ya des éléments qui me font tourner au rouge et c’est au niveau de l’analyse. Je veux bien moi virer verte, manger de la luzerne qui pousse au coin de la rue, pis des tomates poquées mais toutes, toutes naturelles, faire du vélo et surtout ne pas péter pour ne pas augmenter les gazs à effets de serre mais honnêtement, pensez-vous que si tous et chacun de nous viront au vert naturel, il y aura un changement drastique dans l’état de notre planète?
Pensez-y un brin: n’est-ce pas le mode de production, le type d’économie dans lequel on vit, le type d’agriculture que l’on a qui posent problème? Alors hein, me faire sentir coupable parce que j’ADORE les mangues même si elles viennent de loin, loin, loin, j’en ai soupé et je vous lance au visage: Qu’ossé que ça va changer si je ne mange plus de manques à part peut-être faire encore un plus crever des paysans du Sud? Je veux bien faire mon boutte mais ça doit s’accompagner par des changements plus drastiques au niveau des modes de production et de l’économie. Il faut que ça passe par des changements au niveau des structures politiques et économiques.
La bonne nouvelle: il n’y a pas que moi pour sonner comme une vieille rouge, mais aussi Éric Darier, mon nouvel ami (pas dans le sens du grand livre de la face, d’ailleurs a-t-il une page?), et nouveau directeur de Greenpeace Québec. Et il nous le donne en mille dans le Devoir d’aujourd’hui: "On note présentement en Amérique du Nord et spécialement au Québec, où le discours écologiste semble avoir plus de prise, une montée de la culpabilisation, et je pense que c’est un grand danger. Consommer et manger "local" a certes un impact et les individus doivent agir sur leur environnement immédiat. Mais la structure de production doit aussi être modifiée. C’est bien plus compliqué que de faire du recyclage ou d’interdire le phosphate dans les détergents de lave-vaisselle. Nous le remarquons au niveau des médias qui répètent souvent: "Il faut plus que faire du recyclage, il faut planter des arbres le long des rives, etc." C’est vrai qu’il faut donner un peu d’espoir: si on dit que la planète est foutue, personne ne va se mobiliser. Et je ne crois pas que la planète soit foutue. Mais il faut aussi trouver des solutions collectives. Même si, souvent, on n’aime pas les gouvernements, les partis, les entreprises, il faut opérer ce virage au sein de ces partis et de ces entreprises.»
Définitivement, de quoi me faire virer au vert…vert et rouge, quelle couleur ça donne déjà?
