L’américanisation du Québec
February 16, 2008Une fois que nous parlerons anglais, aurons un système de santé privé, des écoles privées…en quoi seront-nous différents des américains?
Une fois que nous parlerons anglais, aurons un système de santé privé, des écoles privées…en quoi seront-nous différents des américains?
"L’anglais, ça s’attrape comme une grippe"
Voilà un dicton d’une de mes ex-régions d’adoption. Il est vrai que l’anglais n’est pas un virus (quoique…), mais sinon il me semble que ce dicton populaire fait preuve de gros bon sens: nous sommes tellement exposés à l’anglais que pour ne pas le parler, il faut faire un effort. Ou être très gênéE! En-tout-cas, ce dicton populaire me semble pas mal plus brillant que les déclarations à l’emporte-pièce de notre amie Pauline!
Car pour maîtriser une deuxième langue, encore faut-il bien manier la première. Et ça ce n’est pas seulement moi qui le dit, mais les francophones hors-Québec qui se battent pour une éducation de qualité dans leur langue maternelle. D’ailleurs le Rapport sur l’enquête internationale sur l’alapohabétisation des adultes, le démontre clairement. Alors, avant d’ajouter de nouveaux cours en anglais, pouvons-nous mettre l’accent sur la maîtrise du français par tout le monde (pas seulement les immigrants!!!). Et maintenant il y a madame Marois qui se lance dans la mêlée et qui dit qu’on devrait enseigner des cours d’histoire et de géographie en anglais!!!
La question à se poser, me semble, est la suivante: Quel niveau de maîtrise de l’anglais souhaite-t-on que les étudiants possèdent à la sortie du secondaire?
Cette question est essentielle. Si on veut en faire des être bilingues, dans ce cas oui, d’accord allons-y pour enseigner des matières autre que l’anglais en anglais. Mais pensons-y sérieusement: voulons-nous vraiment faire des êtres bilingues?? Quelle perte: perte de notre langue, de notre culture et surtout de son enrichissement! Une langue se doit d’être vivante et d’évoluer et ça ça veut dire penser en français, faire de la recherche en français, développer et communiquer des idées et des nouveaux concepts en français. Ça ne veut pas seulement dire transposer dans notre langue des termes conçus dans une autre langue!
L’autre jour (malheureusement, je ne me rappelle plus qui ni quel jour!), Christiane Charette accueillait un excellent invité qui a démontré clairement que même si notre langue est le français, nous Québécois, pensons et parlons en anglais. Il a donné pour exemple les traductions mot-à-mot d’aile de poulet et de courriel alors que nos copains français empruntent soit directement de l’anglais (shopping, WC,…) les termes ou encore créent de nouveaux mots qui prennent racine dans leur culture!
Vous voyez la façon pernicieuse dont l’anglais s’infiltre? Imaginez si en plus on enseigne des matières importantes de développement scientifiques ou encore des connaissances en anglais!! C’est la fin de notre culture.
Ceci dit, si à LA question on répond que nous voulons faire des élèves qui ont les bases pour se débrouiller en anglais, ben alors là oui, je suis d’accord. Mais là ce qu’il faut ce sont de meilleurs cours D’ANGLAIS au primaire et au secondaire. Pas nécessairement plus d’heure, ni des cours qui commencent en première année. Nous sommes entourés, envahis, par l’anglais (à la télé, à la radio, les journaux, les livres, la musique…), il suffit donc que l’étudiant maîtrise la base de la langue anglaise pour ensuite pousser son apprentissage plus loin. Par la suite, avec un peu de bonne volonté et de discipline, tout le monde peut parler anglais!!
L’école doit nous donner les anti-corps pour connaître et maîtriser l’anglais, sans que ça devienne le cancer qui tuera notre culture. Voilà.
C’est si agréable de savoir que non seulement je ne suis pas la seule qui le pense, mais en plus quand c’est si bien écrit y a rien d’autres à faire que de propager la bonne nouvelle!